• Une grève inutile

    Mardi 16 et mercredi 17 octobre, la ville de Genève s’est retrouvée entièrement paralysée par une grève de certains métiers du gros œuvre, en particulier les maçons. Certains syndicats, comme Unia, le SIT et Syna, ont décidé de mobiliser les ouvriers pour défendre leurs droits dans leur combat dogmatique contre les associations patronales. Ce combat, martelé dans nos rues et dans les différents médias, reflète une volonté de protéger les travailleurs de plus de 50 ans, d’empêcher un recours excessif au travail temporaire sur les chantiers et le paiement des arrêts de travail dus à des intempéries naturelles.

     

    Ces intentions semblent bien louables, ce qui pourrait expliquer que les passants comprennent la mobilisation … C’est pourtant ne pas savoir que cette manifestation, qui a paralysé pendant deux jours le cœur de Genève, n’avait en réalité aucune autre raison d’être que de faire parler d’elle. En effet, les réelles négociations sur cette problématique auront lieu, au niveau national, à Zürich les 9 et 28 novembre prochain, et ont été planifiées avant même ce mouvement genferois

     

    Négociations nationales qui, contrairement à ce qu’affirment les différents syndicats, avaient déjà permis d’obtenir certaines des revendications des grévistes, notamment les discussions sur le maintien de la retraite à 60 ans pour les maçons (dont les associations patronales n’ont jamais remis en cause la dureté des conditions de travail et les accidents plus fréquents que dans la majorité des autres métiers), la lutte contre le travail au noir et contre le recours abusif aux temps partiels, ou l’augmentation des salaires.

     

    Il est donc important que la population comprenne qu’elle a subi d’immenses dérangements pour un mouvement symbolique, qui ne demandait rien, ne pouvait rien obtenir, mais qui souhaitait juste un quart d’heure de gloire. Il est temps que les syndicats comprennent et apprennent à négocier et travailler avec les entreprises et non contre elles. Les travailleurs comptent, et il faut les valoriser, mais pour les aider concrètement il faut rétablir un dialogue sain et constructif, plutôt que d’entrainer la population genevoise dans des conflits égoïstes et erronés.